Balade en Noir et Blanc

Noël. Si le ciel est d’un bleu imperturbable, par contre la neige n’est pas au rendez-vous. Peut-être en a-t-elle plus qu’assez d’être traitée comme une simple marchandise juste bonne à faire de l’or blanc et humiliée, qui plus est, par une concurrence artificielle ?

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Moi, je m’en moque. Ce que j’aime par dessus tout dans la neige, c’est son côté princesse, sa beauté féérique, celle qui enchanta à jamais les contes de notre enfance (c’était il y a longtemps, très longtemps, bien avant qu’on ne parle du réchauffement climatique).

Heureusement, je connais dans les Alpes une vallée magique où, même lorsque bonhomme hiver se fait avare de neige, il reste possible de randonner comme autrefois, les yeux éblouis en noir et blanc.

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Certes, le coin se fait plutôt discret. C’est qu’ici se déroulent de secrètes rencontres galantes.

D’un côté, le Var, un jeune fleuve qui roule ses flots comme des mécaniques et, se croyant sans doute arrivé sur la Promenade de Nice, se pavane comme un dandy droit sorti d’une nuit blanche, dans une tenue de soirée ostensiblement constellée de paillettes. Mais il est alors si irrésistible…

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Les “Roubines” sont ses partenaires. Avec leurs longues robes de marnes noires et malgré la rondeur de leurs formes, on pourrait aisément les confondre avec des veuves tristes. Ce serait bien mal les connaître. Pour les avoir souvent fréquentées, je peux vous dire qu’elles sont capables de réchauffer le plus frigide des randonneurs et de rendre torride la plus glaciale des journées d’hiver. Ces fausses prudes à l’air sévère s’alanguissent de tout leur long sur le versant Sud, s’abandonnant sans plus de façons dès le matin aux voluptueux rayons du soleil. Et tant pis si tout autour les pins en sèchent sur pied de désir et si celà fait frémir d’indignation le feuillage de chênes aussi pudibonds que vénérables…

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Vous comprenez mieux pourquoi, au terme de cette randonnée, épuisé et saisi à chaque fois par le besoin impérieux de m’accorder un petit remontant, je prie, en arrivant à Châteauneuf d’Entraunes, pour que l’auberge du village soit ouverte.

Car, croyez-le ou non, mais même une balade en noir et blanc peut vous en faire voir de toutes les couleurs… La preuve en quelques clichés…

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