La Belle de Guadix

Il y a des injustices du sort qu’il est toujours très difficile de surmonter. C’est le cas de Guadix, cette petite ville située à une cinquantaine de kilomètres au Nord-Est de Grenade. En premier lieu, les étrangers, avec une belle unanimité, s’empressent de la confondre avec Cadix. Bien plus modeste et n’ayant pas l’océan pour écrin, la belle de Guadix a pourtant bien du charme. Une très belle cathédrale Renaissance, l’Alcazaba, une forteresse musulmane du XI°s dominant la cité, tout autour une couronne de vignobles et d’amandiers, et pour clore l’horizon, comme à Grenade, les crêtes encore enneigées de la Sierra Nevada.

Mais ce qui aurait pu sortir Guadix de son anonymat, et la rendre célèbre, c’est qu’une bonne partie de la ville et des environs est couverte d’habitats troglodytes. La nature des sols (des poudingues, c’est à dire des galets cimentés les uns aux autres) offre en effet un matériau à la fois solide et relativement facile à creuser. Les habitants ne s’en sont pas privés, et encore aujourd’hui nombre d’entre eux résident et entretiennent ces maisons creusées dans la roche, et bio-climatiques avant la lettre. On ne voit donc souvent de cet habitat que les façades blanches (impeccables), et les cheminées rondes émergeant curieusement du sol comme des champignons. A ce titre, Guadix est réellement unique en Espagne.

Pourtant, parce qu’à l’écart du triangle d’or andalou (Séville, Grenade, Cordoue), le tourisme vivote (rien à voir avec Ronda, par exemple) et toute la ville semble un peu en déclin. J’ai déambulé toute la matinée à travers les quartiers de « cuevas » et je n’ai croisé que deux autres touristes. Mais peut-être faut-il avoir le regard d’un photographe pour apprécier la beauté de cette Belle ? Je vous en laisse juges…

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