Le Verdon catalan ( Congost de Mont-Rebei)

C’était couru d’avance…. À peine les Andalous avaient-ils aménagé leur désormais incontournable « Caminito del Rey » à El Chorro que les Catalans ont entrepris de riposter en aménageant leur Verdon à eux : le canyon du Congost de Mont-Rebei. A un détail près, qui venait compliquer légèrement les choses : la rivière qui coule dans ce canyon et descend des Pyrénées, la Noguera Ribagorcana, marque très précisément la frontière entre Catalogne et Aragon. Au terme probablement d’innombrables palabres, un compromis fut finalement trouvé et un pont (suspendu) jeté entre les deux rives. C’est ce parcours que je me suis offert ce Dimanche matin, jour de relâche pour les cyclistes, et de labeur pour les randonneurs.

Sur la rive gauche, catalane, le sentier, histoire de vous tester, vous fait franchir un premier pont suspendu, jeté au-dessus d’un affluent, puis entame une grande traversée horizontale entièrement creusée à flanc de falaise. C’est la partie la plus belle du parcours, celle où le canyon est le plus haut et le plus étroit. Celà rappelle un peu, en infiniment plus grandiose, les gorges de Saint Pierre dans le Haut-Verdon.

Franchie cette longue et impressionnante clue, la vallée s’ouvre plus largement et le sentier descend jusqu’au passage frontière, un second pont suspendu reliant cette fois les deux rives au-dessus du lac.

Car c’est sur la rive aragonaise que se situent les aménagements les plus impressionnants. A deux reprises, l’itinéraire franchit des falaises absolument verticales et hautes chacune d’une centaine de mètres grâce à des escaliers accrochés en pleine paroi. Ce n’est pas que l’équipement instille le doute sur sa solidité, mais ces escaliers sont beaucoup plus étroits et vertigineux que ceux du Caminito andalou. En outre, même si les structures porteuses sont métalliques, tout le reste, marches et plateformes, est en bois, ce que nous vivons (à tort?) a priori comme moins sécurisant que le tout acier. En tout cas, outre que les points de vue sont époustouflants, on s’y fait des sensations !

Pour la mise en valeur du site, des choix bien différents de l’Andalousie ont été faits. Pas de réservation obligatoire, ni de sens unique, ni de groupes guidés, ni de navettes retour. Juste, un parking payant obligatoire – comme au lac d’Allos – dont le nombre de places limite et régule la fréquentation du canyon. Un équipement de sécurité limité au minimum (juste un câble servant de main courante sur un parcours qui est facile – le chemin fait deux mètres de large – mais n’en reste pas moins potentiellement dangereux (pas la moindre rembarde sauf dans les escaliers et sur les ponts). Un petit centre d’information au départ du sentier. C’est tout ….et pour moi, c’est très bien comme ça. Il est vrai qu’à la différence d’El Chorro en Andalousie, ce site est loin des très grandes villes, Barcelone ou Saragosse, et que le poids de la fréquentation n’est donc pas le même. Même un Dimanche de beau temps, elle n’avait rien à voir avec le fameux Caminito.

Un dernier point, pour ceux qui redoutent le vertige : toute la vallée étant noyée sous un lac de retenue, il est possible de se jeter tout de suite à l’eau …et d’effectuer tout le parcours et même davantage en kayak !

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