Du Paso San Francisco au Caballo Muerto

Quand le cycliste déjante…

Les gendarmes me l’avaient bien dit et redit, qu’il valait mieux prendre son mal en patience et attendre l’ouverture du Paso San Francisco quelques jours encore, en restant à Fiambalá. C’eût été d’autant plus raisonnable, à vrai dire, que personne ne pouvait me garantir une date avec une once de fiabilité , et encore moins fournir l’ombre d’une explication sur ce report un peu inhabituel. J’ai même entendu dire qu’il fallait attribuer ce retard au zèle brutalement déployé par les autorités chiliennes pour achever la route, dès lors que le pape avait décidé de rendre hommage, lors de sa future visite en Amérique latine, à son Saint patron, en hissant sa Papa mobile jusqu’au Paso San Francisco. Vue la densité de fidèles dans ce secteur – ils sont probablement moins nombreux que les volcans qui sentent le souffre et émettent des fumerolles diaboliques -, on peut douter du bien-fondé de l’explication, bien qu’elle ait incontestablement sa logique.

En tout cas, c’est à partir de là que mon voyage a déjanté et pris une coloration nettement surréaliste. J’ai en effet décidé en mon for intérieur que le col ouvrirait le jour même où je me présenterai à la douane. Insensé, n’est-ce pas ? Fort de cette certitude absurde – mais le pape et moi partageons le même Saint patron et donc la même foi incurablement optimiste -, j’ai donc décidé d’embarquer mon voyage vers l’ascension d’un col des Andes situé loin de tout (200km côté Argentine et 300km côté Chili, soit 500km sans le moindre village), perché à 4725 m d’altitude, au bout de 3200 m de dénivelée, et dont, cerise sur le gâteau, l’ouverture vers le Chili restait totalement improbable lorsque je me suis lancé les yeux fermés dans la mésaventure.

Il faut dire aussi qu’au bout d’une journée de repos, j’en avais plus que marre de ce bourg de Fiambalá, aussi émoustillant que Guillaumes ou Puget-Theniers un jour d’hiver ordinaire. Même si la connexion internet fonctionne parfaitement sur la place du village, voir les jeunes faire tourner leur ennui en rond sur leurs petites motos finit par être un rien déprimant et si je m’étais mis comme eux a écluser des bières, c’eût été encore pire… Mieux valait se lancer dans un pèlerinage, même aveuglément : c’était en même temps plus sain et incontestablement plus saint.

Quand le pèlerinage devient chemin de croix

Il faut convenir ici que le pèlerinage à San Francisco est très bien organisé, en tout cas sur le versant argentin. Tous les 20 ou 30 kilomètres environ, un petit refuge triangulaire (symbole évident de la Trinité) permet aux pieux cyclistes de se mettre à l’abri pour passer la nuit sans oublier – en vue du Jugement dernier – d’inscrire sur les murs blancs leur nom et la date, témoins irréfutables de leur pèlerinage. C’est ainsi que j’ai pu dormir tranquillement dans trois de ces abris divinement providentiels, mais qui, avec l’altitude et la météo, allaient malheureusement s’apparenter au fur et à mesure de mon ascension aux stations successives d’un chemin de croix. Pour les sceptiques, je précise qu’il s’agit du refuge n°1, 2960m d’altitude, poétiquement baptisé « La Gallina Muerta » (la poule morte), du refuge n°4, 3900m d’altitude, appelé « Las Losas”, et enfin du refuge n°6, « Limite », situé quasiment aux portes des cieux, puisque planté au col même, à 4725m.

Cependant, comme le pape se déplace en Papa-mobile et non en bicyclette, et que sa progression sur le chemin de la sainteté est de ce fait nettement plus rapide que la mienne, à mi-chemin exactement du col, soit à environ 100km de Fiambalá, une auberge, Las Cortaderas (3360m), vient opportunément remplacer les humbles petits abris. Et attention, il ne s’agit pas là d’une vulgaire gargote de montagne, (du genre « Les Aiguilles » à Val Pelens) ! Pour héberger sa Sainteté et sa suite pontificale, il fallait une architecture à la hauteur de l’événement. C’est ainsi que les chambres, et elles sont nombreuses, mesurent chacune 25 à 30 m2, que les couloirs sont de taille à recueillir les processions, les salons à accueillir les conférences de presse, et que le tout, largement vitré, est proprement inchauffable. Quant à l’architecture, elle hésite entre un Club Méd dans sa période la plus faste et un grandiloquent néo-modernisme stalinien (période Brejnev). Pour les connaisseurs, les lieux – aussi vastes que vides – (nous y étions 4 clients en tout et pour tout !) m’ont aussi évoqué l’ambiance incomparable de l’hôtel Le Malamot au Mont Cenis…

Ceci dit, en toute honnêteté, je dois confesser que l’hébergement qui m’a le plus séduit est le seul qui n’avait strictement rien à voir avec le pèlerinage à San Francisco. Il s’agit du refuge géré par les Ponts et Chaussées locaux, implanté juste après le poste frontière argentin, à 4030 m d’altitude et à une vingtaine de kilomètres du col lui-même. Côté architecture, c’est du post-modernisme euphorisant à l’état pur : des demi-tonneaux métalliques nappés de béton à l’extérieur (nous avons les mêmes dans le Mercantour, à côté des ouvrages de la ligne Maginot). C’est sombre et, ou trop froid, ou irrespirable (tout dépend du nombre de bipèdes à l’intérieur). Justement, lorsque j’y suis arrivé, totalement épuisé, le refuge faisait salle comble : un détachement de l’armée argentine en avait fait son camp de base pour un stage montagne. En quelques instants, ils m’ont fait une place sur un matelas, préparé un repas et imposé un concours de photos souvenirs (avec Rossinante, bien sûr !). Moins d’une heure plus tard, le vieil anti-militarisme que je suis était devenu pote avec la moitié de cette chaleureuse brigade.

Là, j’ai eu trop tôt la prétention d’avoir gagné : d’ailleurs – miracle – le col San Francisco a bien ouvert officiellement le 16 Novembre, le jour même où je me suis présenté au poste frontière, et je fus le quatrième pèlerin à y recevoir le tampon de sortie du territoire argentin. Il ne me restait plus qu’une vingtaine de kilomètres et 700 mètres de dénivelée pour atteindre le col, autrement dit pas grand chose. Mais j’aurais pu chanter victoire si, depuis deux jours déjà, le souffle bienveillant de l’Esprit Saint ne s’était mué en un vent d’Ouest proprement infernal. La pénitence imposée au pèlerin sur la dernière étape de l’ascension fut amère. Une première tentative, tôt le matin, me vit battre en retraite et revenir au poste frontière, tant il faisait froid. La seconde, en milieu de journée, ne me laissait pas d’autre choix que d’arriver à tout prix au col et à son refuge terminal. Avec 5 voitures par jour, les chances de se faire prendre en stop avec mon vélo étaient pratiquement nulles…. J’ai donc pédalé sur trois kilomètres, puis poussé mon vélo face au vent, à pied, sur une douzaine, avant d’être recueilli en camion par mes compagnons d’armes de la veille (eux avaient tenté en vain l’ascension d’un volcan du coin). C’est ainsi, piteux et sous escorte militaire, que Rossinante et moi-même atteignirent enfin le terme de notre long pèlerinage à Saint François…

Quand le chemin de croix devient descente aux enfers

Si vous concevez la descente d’un passage andin comme celle d’un col des Alpes – une longue régalade, récompense légitime de l’effort fourni lors de l’ascension -, vous risquez d’être aussi dépité que moi le lendemain matin. Il faisait un petit moins 10°c au soleil et le vent, ignorant totalement les frontières, me soufflait dans les bronches avec autant de rage que la veille. D’ailleurs, témoin de celle-ci, le grand portique métallique signalant le col, jeté à terre et jamais reconstruit depuis… Mais ce n’est pas tout ! Quand une descente s’étale sur 300km, cela n’implique pas, comme on se l’imagine, une belle pente douce et régulière sur laquelle se laisser glisser avec insouciance, mais des dizaines de kilomètres de plat – traversant les salars ou longeant les lacs. C’est certes ce qui fait la beauté infinie des paysages andins. Mais lorsqu’on s’y retrouve à contre-vent furieux et sur une chaussée réduite à l’état de piste chaotique, on sait bien que l’on descend (lentement), mais avec la nette impression que c’est aux enfers…

La descente versant chilien du Paso San Francisco fut à cette image. Elle longe l’un des plus beaux lacs de l’altiplano, une splendeur aux eaux émeraudes appelée « Laguna Verde ». Mais ses rives sont si inhospitalières que même les carabiniers ont déserté leur baraquement, que le vent a aussitôt entrepris de saccager lentement mais sûrement. Ce n’est qu’à l’approche du poste frontière, situé à l’autre bout du grand Salar de Maricunga ( et à déjà 100 km du col et de la frontière !), que la route s’humanise enfin, cherchant à rivaliser avec le bitume impeccable de sa rivale argentine. Histoire de faire respecter la parité à San Francisco, la Sainte Vierge nous accorde au passage sa bénédiction maternelle. Le vent faiblit et la température remonte. Nous ne sommes plus qu’à 3750m d’altitude. Le douanier – charmant – ne me confisque qu’une poignée de fruits secs et taxe à mon profit deux bouteilles d’eau à des Chiliens qui n’osent dire mais…. Tout semble lentement s’améliorer… Je reprends espoir. Il ne me reste plus que 175 km de descente jusqu’à Copiapó, pas vrai ?

500 mètres après le passage du poste frontière, le mirage s’efface brutalement. La route redevient piste. Surtout, elle se met à remonter, tandis que le vent retrouve son souffle rageur. Je regarde la carte pour m’apercevoir que la « descente » sur Copiapó passe par l’ascension d’un col de 4300m d’altitude. Et c’est reparti ! Un petit bout à vélo, un autre à pied, je progresse très, très lentement, en jetant ce qui me reste d’énergie dans cette seconde ascension. Je sais qu’il va me falloir planter la tente (pas de refuges dans le coin) et me demande où et quand. La journée sent lentement venir sa fin. La lumière s’incline à mon passage et dore les courbes douces des volcans. C’est l’heure magique où la beauté de l’altiplano s’exaspère. Assis ou plutôt effondré sur le bord de la piste, je l’absorbe à petites goulées, le souffle court et le cœur battant. Ni blasé, ni désespéré, simplement épuisé. Ah ! J’oubliais : cet endroit, « El Caballo Muerto », ne pouvait mieux mériter son nom. Car le « Cheval Mort », ce soir-la, ç’était moi …

C’est alors que monte un bruit de moteur. Sans doute l’ultime véhicule du jour sur cet itinéraire. Le pick-up s’arrête à ma hauteur. L’homme est seul. Il me demande si ça va et dans la foulée propose de m’embarquer jusqu’à Copiapó, où il habite. C’est ainsi que je ferai d’une traite et en voiture la longue et superbe descente de 150 km et 3000m de dénivelée conduisant aux portes de la ville. À vélo, elle m’aurait demandé au minimum deux jours… Nous avons croisé moins de cinq véhicules pendant ces deux heures de trajet d’une beauté sublime dans la lumière du couchant…

Conclusions et questions

Bien que mon patron, Saint François semble indubitablement moins efficace, comme assureur voyage, que Saint Christophe, un professionnel qui a fait ses preuves depuis longtemps, Saint Jacques, qui n’a jamais mis son bâton dans les roues de personne, ou même Sainte Rita, ma préférée, toujours prête à intervenir dès que ça devient critique… Inutile donc de monter au Paso San Francisco en pèlerinage, comme le pape. Mais peu importe, même en simple touriste, vous tomberez à genoux tellement c’est intensément beau…

Sans aides extérieures, celle des militaires argentins, celle des montagnards chiliens qui m’ont épargné une bonne tirée de ripio infernal, ou celle de ce promeneur solitaire en balade dominicale, qui m’a fait redescendre sur terre, j’y serai encore… Certes, on peut dire qu’en cumulant altitude, froid, route réduite à l’état de piste et surtout vent fou-furieux, j’ai joué de malchance. Mais ces ingrédients ne sont-ils pas précisément les épices relevées qui distinguent fondamentalement les Andes et la Patagonie de nos Alpes ?

Les vraies questions ne sont-elles pas les suivantes :

1°) Voyager à vélo dans les Andes, n’est-ce pas une projection de notre vision d’Européens sur un continent, un climat et des montagnes qui nous sont inconnus ? Pourquoi Chiliens et Argentins ne le font-ils pas, même en VTT ? Pourquoi leur approche de la nature se fonde-y-elle sur l’association de la marche et de l’usage de véhicules 4×4 pour les approches ? Ne pas les imiter, n’est-ce pas de la vanité maquillée d’écologie (car cela ne m’empêche pas dans le même temps d’utiliser un vol long-courrier) ?

2°) Même si j’aime me confronter physiquement – animalement, devrais-je dire – avec la nature, n’y-a-t-il pas un moment où l’action, mobilisant toutes tes ressources, finit par te priver des bonheurs du contemplatif ? Qu’est-ce qui compte le plus pour moi, dans le voyage ? L’exploit physique ? L’intensité de l’aventure ? Ou bien le fait de regarder pour capter la beauté des lieux et d’écouter la petite lumière des autres ?

Vous l’avez compris, les deux mois et demi (3300km en compagnie de Rossinante qui, elle, a jeté sa béquille aux orties, tant elle péte la forme) passés dans le Nord, tout comme le dernier épisode de mon circuit, par son intensité, ont soulevé en moi tout un questionnement sur la suite de mon voyage, la Patagonie. Sous quelle forme ? Continuer à vélo où louer une voiture ? Avec quel esprit ? Dans quelle recherche ?

J’attends vos réflexions, fussent-elles critiques acerbes ou chargées de dérision.

 

 

 

 

 

23 réflexions sur « Du Paso San Francisco au Caballo Muerto »

  1. Sidérant de supporter ces épreuves, certes choisies, avec autant de constance et d’humour. Je m’incline. La grande route des Alpes à côté, de la rigolade. Le pire c’est de continuer à progresser sur des pistes alors qu’un vélo n’est pas un baudet .
    Bon St François t’ayant pardonné tous tes péchés , continue en 4×4 pour les paysages ou dans des véhicules collectifs locaux pour la convivialité . Et qd tu t’ennuies trop, fais un tour avec Rossinante. Rappelle-toi l’alpinisme et ses défis . Quelle histoire ! Je t’embrasse. Courage.

    1. D’abord se la couler douce et paisible, pour se refaire une provision de courage. Ensuite, tenir compte de l’experience en sélectionnant moins aveuglément les routes à suivre. Enfin, essayer – pas facile dans ces pays sur-dimensionnes – de se découper des étapes en tranches assez fines pour pouvoir en goûter toute la saveur et la beauté.
      La bagnole est une solution idéale pour partir à 3 ou 4. Les transports en communs sont trop limités et contraignants pour un sauvage comme moi. Je vais donc essayer de poursuivre avec ma Rossinante, en espérant ne pas rouler contre vents et marées. Je t’embrasse.

  2. Du repos s’impose il me semble pour prendre une décision si importante. Étant ton fils, difficile de ne pas être partisans de la sécurité mais le 4×4, j’ai un doute… jusqu’ici ta bonne étoile te garde et j’espère qu’elle restera à tes côtés pour les quelques kilomètres qu’il reste jusqu’à la patagonie…. Profite de l’océan. Gros bisous Papou

    1. Merci infiniment, mon fils. C’etait Bon de t’entendre hier. On se sent un peu moins solitaire et en tout cas soutenu. Profitez bien (et prudemment, jeunes fous !!) de votre dernière semaine. Bises. papou

  3. Hum… Là, je crois que Saint François, même tenté de vous dire : « Vous me réciterez trois Pater et trois Ave pour péché d’orgueil » l’aurait bouclée… car une telle randonnée, en face d’une nature dont la beauté et l’indifférence cruelle le dépassent, apprend nécessairement à son auteur une qualité rare : l’humilité !… et si l’on y ajoute le reste, le courage pigmenté d’une bonne dose d’inconscience, le sens de l’humour et une plume alerte… on se dit que vous êtes en train de gravir à chaque coup de pédale et à chaque pas, le chemin qui conduit au ciel, au sens propre comme au sens figuré. « Aucune bête au monde… » c’est sans doute ce qui fait la grandeur de l’homme ! Et lorsqu’on constate ce qu’il est capable de faire lorsque au lieu de s’élever, il se laisse aller aux pires turpitudes, ça laisse pantois. Quel être étrange que cet homo sapiens dont vous êtes malgré vous le représentant dans cette folle aventure… Vous allez jusqu’au bout de vous-même et j’espère bien que vous en reviendrez en bon état ! Malgré ce carnet de route que vous partagez avec talent et générosité, vous êtes et resterez le seul à connaître le prix de votre témérité et plus tard, certains jours de découragement, ce chemin arraché à la fatigue, à la douleur et à la solitude vous remettra quelques étoiles dans les yeux à cause de la beauté qui vous a ébloui tout le long de votre parcours. Prenez soin de vous et ne dédaignez pas le 4×4… il vous permettra sans doute des rencontres inattendues et belles, pourquoi pas ?

    1. J’en parle chaque jour sur le port avec mes bavardes amies les mouettes, tout en me gavant comme elles de poisson.
      Même si je pense juste ma réflexion sur l’usage du 4×4 dans ce pays, la voiture n’est intéressante que partagée collectivement (la prochaine fois, avec des ami(e)s ?).
      Et mon rêve nomade se passe sur un deux roues qui y laisse aussi quelques plumes, et qui s’appelle Rossinante. Je sais bien qu’on ne doit pas s’attacher aux objets, mais j’aime ma bicyclette qui ne m’a jamais joué de mauvais tours de roue…
      Amities

  4. Merci pour ce récit toujours aussi bien écrit.
    Merci aussi pour la « visite » au paso S Francisco que nous n’avions pas fait, préférant Aiguas Negras.
    bravissimo pour ton endurance, ton obstination et ton courage. belle leçon pour nous.
    Et profite du soleil, à l’abri du vent, sur la côte pacifique.
    Bonne route.
    Laurent

    1. Aiguës Negras ne sera ouvert qu’a la fin du mois. Je n’avais donc pas le choix. Ou tenter le San Francisco, ou faire le très grand tour par l’Argentine. Le col était trop tentant, mais c’est passé, limite, limite. J’ai d’ailleurs trouvé un blog cycliste ou le gars a capitulé face au vent dans la dernière étape….
      Je vais me refaire un peu d’energie en parlant avec les mouettes, comme à Saint Malo, puis gagner Santiago ….en autocar!
      Amities

  5. Hollla la,pequeno rey de las montanas andinas!!!
    Chaudement lovée dans mon lit,je vous lis …
    Rentrer!!
    Mais non!!
    vous avez donné mon cher,dans votre chair!!(hahaha),vous avez lutté, blablabla…
    Un peu de douceur,ça ferait pas de mal a votre petit corps…et puis,vous reprendrez
    du service plus loin, une fois reposé, vraiment…
    Et comme ça, vous pourrez vous gaver de paysages et de lumière ,sans les pics de fatigue intense et de quasi découragement…
    Si je puis me permettre, pequeno rey de las montanas andinas!!!!(hahahahaha)!!

    1. Tu es la sagesse incarnée, princesse de Champlong.
      Je m’accorde donc quelques jours de Pacifisme et de discussions avec les mouettes avant de retourner charger les moulins à vent, parole de Don Quichotte !
      Et à défaut de jouer le pequeño rey de las montañas andinas, je vais de ce pas me prendre pour l’Adonis de la Playa Ingles.
      Si j’avais 20 ans, je me glisserai dans votre lit, princesse.
      Mais un baiser suffira à mon bonheur

  6. Aïe Aïe Aïe !!!! Paquito tu nous fatigues parfois. Mets nous donc un peu au repos de (malgré tout) nos inquiétudes entre deux récits. Plus on va loin et fort, semble-t-il, plus on se sent capable d’aller encore plus loin, encore plus fort. Quand je pense que dans une petite poignée d’années tu auras mon grand âge…anne.

    1. Oh, sœur Anne, qu’il est doux et reposant de vous lire. Ai-je le droit de dire combien tu me manques et combien me manquent quelques soirées complices et paisibles au coin de ton feu sacré ?
      Oui, je me repose et me refais l’energie dilapidée sur les cimes et dans le vent. Un peu de douceur dans ce monde de brutes, nous en avons tant besoin…
      Je te laisse, amie de mon cœur.
      Je dois aller parler avec les mouettes.

  7. oh ces paysages c est magique!!
    merci de nous faire partager ces rudes et magnifiques moments
    j ai l impression que je pédale aussi avec toi…
    bon si tu te poses ces questions de comment continuer je crois que tu dois être épuisé
    et ça se comprends
    physiquement c est pas du gâteau
    c est dur
    …..le plus sage serait que tu continues en voiture et ne pas avoir honte
    la beauté des paysages sera quand même dans tes yeux …dans ton coeur…
    et l exploit sportif tu l ‘as déjà réalisé avec ces 3000 kilomètres parcourus… tu ne crois pas?

    et puis le soir quand le crépuscule est en beauté reprendre le vélo et faire quelques kilomètres « détente » juste pour le fun..

    en fait je voudrais te dire
    ménage toi
    fais attention aux limites
    sois fier de ce que tu as déjà accompli
    t es un mec incroyable !et je me permet de t embrasser trés fort.

    Josy

    1. Un peu de douceur, plus quelques compliments : il n’en faut pas plus pour regonfler le vélo et son moteur humain.
      Même si mes réflexions sur l’usage du 4×4 dans ces pays me semblent justes, la voiture ne me semble justifiée que partagée (la prochaine fois, avec des ami(e)s ?). Le vélo, lui, est un mode de voyage individuel. Je vais donc lui rester fidèle et partir affronter la Patagonie, lorsque je me sentirai prêt.
      Le tout est de ne jamais oublier la beauté, même quand cela devient difficile.
      Amities

  8. C’était poignant au téléphone, cela l’est tout autant à la lecture de ton récit !
    Quelle aventure… Profites au maximum de ce repos au bord du Pacifique et prends le temps de bien récupérer avant d’abandonner Rossinante au profit du 4×4, ce ne sera plus le même voyage !
    En même temps l’épuisement total n’est pas des plus faciles à dépasser…
    Prends soin de toi et continues au mieux à nous (t’) enchanter de tes récits ! Bises

    1. Merci infiniment de ton écoute, Béatrice. Quand on est au bout du bitume, ça fait du bien.
      Je vais me refaire une jeunesse même si ce n’est pas évident, et repartir vers le royaume patagonien

  9. Salut Paquito,
    c’est vrai que le vent et les distances ne sont pas dans les mêmes proportions que dans les Alpes.
    Si tu t’interroges encore sur la suite de ton périple, c’est que tu n’es pas encore devenu fou. c’est déjà bon signe. Et comme à la roulette russe, il faut parfois s’arrêter à temps….
    Comme un commentaire précédent le disait, rien ne t’empêche de profiter de ton vélo de temps en temps, entre des trajets en bus locaux. Et tu feras encore de belles rencontres, j’en suis persuadé.
    on pense à toi, jaloux que nous sommes …

  10. Est ce que tu as lu « Moi, Antoine de Tounens, Roi de Patagonie »…. une histoire extra de folie humaine… bien pire que la tienne….
    Je me souviens de t’avoir parlé de los vientos locos de la Cordillera de los Andes !!! (à pied, en voiture j’avais trouvé ça dur…………………..)
    Une question… serait ce aussi beau si tu étais en voiture ?
    Bon ! mais tu n’es pas un p’tit joueur…. tu ne vas pas DEJA abandonner….. enfin…. c’est vu de mon canapé…. ce qui m’inquiète vraiment c’est l’auréole qui te pousse au dessus de la tête, et l’humilité, la sainteté qui grandit en toi…. et je crains que ton Château d’Estenc ne devienne un monastère, où tous tes fans viendront en pèlerinage, de quoi troubler la quiétude de notre vallée si calme, si morte…………….
    Un peu de repos… et je suis sure que vas repartir… à donf ! (les grands récits de voyages et d’aventures sont toujours écrit après, longtemps après….)
    Profite bien…. de tout…. Bonne route ! bon courage ! Besos y Hasta luego !

    1. Un monastère , je veux bien, maintenant que la chasteté n’est plus une privation, mais une réalité imposée par l’âge ! Mais à condition que la cave soit bien fournie et la cuisine au niveau de la cave !!!! Tu es d’ores et déjà embauchée comme caviste, la façon la plus agréable de passer à la Trappe, non ? A part ça, je vais continuer à velo et si c’est trop dur, je prendrai le car après avoir jeté Rossinante en soute. Bises

  11. Coucou mon Paq, merci pour tes écrits, un bout de toi au bout du monde. Que j’aime aussi tes photos, magnifiques, tu sais combien j’y suis sensible.
    Garde avant tout le plaisir, essentiel.. à pied, à cheval, à vélo, en voiture, suivant ta forme ou les opportunités. Je t’embrasse

    1. A Caldera, ce que je préfère, c’est le port de pêche, situé juste en bas de ma rue. Il y fait gris doux et humide. Les plages attendent encore leurs touristes. La couleur, je la cueille sur les murs, sur les peintures murales. C’est la Bretagne (chilienne) au printemps, comme je l’aime, et ça me rappelle les moments précieux passés avec toi.
      Demain soir, je migre vers la grande ville, avant de repartir vers le Sud… Je t’embrasse, amie chère à mon cœur.

  12. Bonjour Paquito,
    Avec un petit retard je prends connaissance de cette fin de parcours dans le nord. Me vient juste cette pensée qu’il faut un mental de diamant pour aller au bout de tant d’effort et d’enfer… je reste admirative de cette force là.
    C’est aussi pour moi un réel plaisir de lire ces compte-rendus de voyage tant ils sont dans une belle lucidité mais aussi dans l’admiration intense de cette merveilleuse nature…

    Je n’ai pas de conseils a donné, le questionnement apporte les réponses les plus adéquates quand le corps exprime aussi son ressenti… le tout est d’écouter …
    et pourquoi aussi ne pas mixer l’effort avec le réconfort, le vélo et la voiture ou le train ou autre chose…

    Bonne continuation du voyage dans la saveur de la rencontre et des beautés qui se présentent

    1. Merci pour ce beau message.
      Je repartirai avec ma Rossinante, en sachant qu’il est plus facile d’utiliser le bus en Patagonie.
      Pour l’instant, je découvre Santiago à travers une belle rencontre.
      Amities
      Paq

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