Le jardin du Roy

Ce matin, j’avais de nouveau des fourmis dans les jambes et l’irrépressible envie de partir découvrir le monde. Bien que n’ayant pas affronté l’hiver du haut de mon perchoir à corbeaux, j’ai eu soudain le désir vital de rompre l’encerclement que m’imposaient encore les récentes chutes de neige. J’avais faim de sentiers, d’herbe tendre, d’arbres en fleurs, de couleurs, bref, tout simplement de printemps.

Je suis donc descendu des cimes pour rejoindre tout en bas de ma vallée un lieu que j’aime particulièrement : les grès d’Annot. Je trouve dans ce terrain de jeu sauvage tout ce que j’aime : des sentiers solitaires, des vallonnements secrets, des crêtes ouvertes sur des cimes lointaines, et même plus : des rochers ronds comme des corps de femmes, des arches donnant à la forêt des allures de cathédrale, de mystérieux abris sous roche et des vires à donner le vertige…

J’ai marché seul, émerveillé, toute une longue journée. En soirée, je suis arrivé dans l’un des sites les plus célèbres des grès, d’oppressants passages étroitement sertis dans la pénombre des parois. Les dernières neiges faisaient ruisseler l’eau de fonte sur les pans de falaises, et les derniers rayons du soleil la transformaient alors en longues draperies scintillantes. Ces lieux magiques sont la Chambre et les Jardins du Roy. Ils portent évidemment de très vieilles légendes. Mais nul doute n’est permis : ce soir-là, le roi, c’était bien moi. D’ailleurs, sur mon passage s’inclinaient partout le sourire gracile de ces princesses que l’on appelle asphodèles…

2 réflexions sur « Le jardin du Roy »

  1. C’est sympa ces branches assoiffees qui essaient desesperement d’accrocher les nuages!

    En fait tu es comme tous ces gens qui attaquent la monarchie…mais qui aiment bien quand meme se rever roi!
    Comptes tu aussi nous asservir?
    De grès ou de force?

    f

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *