Don Quichotte du Val de Chavagne

Ce matin, j’avais de nouveau des fourmis dans les jambes et l’irrépressible envie non plus seulement de découvrir le monde, mais de le conquérir, à l’image de mon héros préféré, Don Quichotte de la Mancha. C’est ainsi que je suis parti au soleil levant, fièrement juché sur Rossinante, avec la ferme intention de m’offrir enfin un château en Espagne. Il nous fallait de toute façon laver l’affront de notre vaine expédition ibérique de l’an dernier (2300km parcourus et pas le moindre butin…).

Hélas, parvenu au pied de la première forteresse rencontrée, la citadelle d’Entrevaux, Rossinante a renâclé devant l’obstacle, me glissant au passage qu’elle ne savait pas, du château ou de son maître, lequel était le plus perché des deux…

Revenu à la raison, j’orientai alors les pas de mon coursier vers une forteresse certes moins glorieuse, mais plus abordable : le château de Villevieille, une rustique bastide provençale dont seule l’unique tour permet d’éviter la confusion avec un mas ordinaire. Hélas, avant même d’etre arrivé à pied d’oeuvre, je fus désarmé, le long de l’allée, par la beauté des arbres en fleurs, puis par des rires d’enfants. A l’évidence, nul, ici, n’avait besoin d’être délivré par un noble héros et les prés n’aspiraient nullement à devenir des champs de bataille.

Dépités, nous reprîmes la route, et, chemin faisant, je me suis demandé si, l’âge aidant, le temps des nobles conquérants de l’inutile n’était pas révolu, et si je ne ferais pas mieux de renoncer au vélo et de trouver enfin la bagnole de mes rêves, celle qui carbure à la poésie…

Une réflexion sur « Don Quichotte du Val de Chavagne »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *