Cri d’amour et de rage pour une petite reine déchue

 » Rouler, rouler, pédaler et pédaler encore avec ma deux roues. Oui. Il faut que je vous parle d’elle, de mon grand amour, la deux roues, que je chevauche depuis tant d’années et sous tous les cieux… (…) Rouler, rouler à tout va, à tous vents, d’ouest, de noroit, de suroit, ceux qui ont du souffle et de l’ambition, ceux de chez moi qui m’apportent les bonnes nouvelles du monde, ceux qui vont plus vite qu’ailleurs, qui ne laissent pas de traces et réinventent le ciel… (…)

Oui, rouler, rouler sur ma deux roues pour faire fondre la boule que j’ai au fond du ventre, et pour toucher du doigt les jours meilleurs. (…)

Ma colère est joyeuse, ma rage entreprenante, mon idéalisme chevillé au corps, ma capacité d’étonnement sans faille et ma naïveté lucide…. »

Jacques Gamblin

Intégralité du discours (23 minutes de pur bonheur) : https://youtu.be/7rCy8lje4YU

Pousser la porte de mes rêves

Je n’ai heureusement pas attendu d’avoir franchi la Highway 66 (balais) pour essayer de vivre les rêves de l’enfant que je ne suis plus depuis longtemps et que pourtant je serai toujours. Le premier fut de vivre en montagne et de la montagne. Celà m’a gagné à 20 ans et jamais plus quitté depuis. J’ai la chance d’habiter depuis de longues années l’une des plus belles vallées des Alpes et l’une des plus sauvages. Et j’en suis toujours amoureux fou…. Le second était d’avoir des enfants, sans doute parce qu’issu moi-même d’une famille mono-parentale un peu triste. Mes petits merdeux sont devenus de beaux adultes, tous très différents, mais des hommes et des femmes dont on peut dire simplement « ce sont des gens bien ». N’empêche que l’irruption sur terre de ces maudits garnements m’avait freiné dans la réalisation du dernier de mes rêves : courir le monde en toute liberté, en capter la beauté au travers de quelques photos, et en décrire les émotions en quelques lignes. Bref, jouer les globe-trotters.

A la rencontre de mes rêves. 2015. Haines (Alaska)

Ce moment est venu. Dans deux semaines, je serai libre. J’avais osé entre-bailler l’an dernier, le temps bien trop court d’un mois de Septembre, la porte de mon dernier rêve, en me lançant pendant un mois sur les routes du Yukon, d’Alaska et de Colombie Britannique… Je n’aurais jamais dû… Le voyage – le vrai – est un mode de vie dont on ne sait jamais si l’on en reviendra un jour.

Je vais partir, donc. A pied et à vélo, les deux seuls moyens de locomotion adaptés à ma lenteur et à mes rêveries. Et ce blog sera l’expression, je l’espère, de tout ce que l’on peut trouver derrière la porte de ses rêves.

A bientôt.